Ensemble pour l'Isère.

Lettre EPI 7 Recto

Lettre EPI 7 Verso

DM 1 Rocade Nord*

Depuis quatre ans on le sait, il suffit de dire « rocade Nord » dans une assemblée pour déclencher des conversations animées et de grande déclarations. Et hier, lors de la seconde partie de la session de juin du Conseil général de l’Isère, cela n’a pas manqué. Imaginez un débat sur une seule délibération qui dure une matinée ! La délibération en question concernait les suites à donner à l’avis négatif émis par les commissaires enquêteurs sur le projet de contournement routier porté par le Département. Une délibération assez consensuelle – et très ouverte – qui a néanmoins su délier les langues hier.

Rendez-vous en septembre prochain avec les citoyens

Le premier a attaquer a été Jean-Claude Peyrin, du groupe UMP, qui a ironisé sur la forme et le fond du texte : « Il ,’est plus question de nouveau projet de rocade, mais de nouvelles études et d’un débat citoyen. On a vraiment l’impression que le mot rocade ne peut plus être prononcé pour ne pas choquer les oreilles sensibles, notamment celle des Verts. » Son collègue Michel Savin a déclaré voir en cette délibération « un aveu d’impuissance collective à résoudre le problème de circulation et un mauvais signal à envoyer à la population qui souffre chaque jour dans les bouchons ».

Les communistes ont voulu eux, déplacer le débat sur le thème de la solidarité avec les habitants du sud de l’agglomération grenobloise, allusion au fait qu’une rocade Nord aurait pu, à leurs yeux , délester la rocade Sud d’une partie de son trafic : « Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est qu’on pourrait se satisfaire d’une seule concentration routière sur la rocade Sud et l’A480 », a dit José Arias. Son voisin Guy Rouveyre, lui, a emboîté le pas, en taxant au passage la délibération de « light », et en déclarant : « J’en appelle à la solidarité des territoires. »

Marc Baïetto, vice-président (PS) qui a longtemps porté le projet quand il avait la charge des Transports au Conseil général, s’est quant à lui tourné vers la droite pour fustiger un soutien trop tardif à son goût au principe de rocade : « Quand il a fallu agir et défendre le projet, on n’a vu personne, alors que les opposants étaient de leurs côté bien organisés. » Il a aussi mis en garde tous ceux qui laisseraient entendre que « d’un côté il y aurait une rocade qui coûterait et (et de l’autre) des transports en commun qui ne coûteraient rien ».

A la fin des trois heures de débat, le président du Conseil général, André Vallini, a expliqué le contenu de sa délibération et a appelé à une union des votes. « Entre ceux qui souhaitaient qu’on abandonne définitivement tout projet de rocade et ceux qui souhaitaient qu’on reparte tête baissée sur un projet à peine modifié, j’ai rédigé un rapport qui laisse ouvert tout le champ des possibles et qui permet de remettre à plat ce dossier ».

Son appel a été largement entendu, à part par l’UMP. Et un rendez-vous a été fixé en septembre, pour tout remettre à plat justement, lors d’une sorte de grand concile de citoyens qui apporteront de nouvelles idées.

Un concile où devrait donc se décider le prochain épisode à donner à ce dossier, que l’on appellera peut-être plus jamais « rocade Nord ».

Le Dauphiné Libéré, édition de Grenoble, samedi 19 juin 2010.

PBuisson

Selon Pierre Buisson, président de la CCMV et maire de Méaudre, « les élus du plateau ont pris conscience qu’il fallait travailler sur l’intercommunalité pour être plus efficace, cohérent et respecter le contribuable ». La CCMV emménagera prochainement dans les locaux villardiens de la villa Terrel qu’elle vient d’acquérir.

Alors qu’un conseil communautaire se tenait hier à Lans en Vercors (compte-rendu dans notre édition de demain), le président de la communauté de communes du massif du Vercors (CCMV) fait le point.

Les élus sont-ils aujourd’hui conscients de l’importance du territoire en tant qu’unité ?

« Oui, désormais, tout le monde en a conscience. On ne peut plus se désintéresser de la commune voisine, nos destins sont liés. D’ailleurs, la charte de développement sur laquelle nous avons travaillé durant le premier mandat, notamment l’ancien maire de Lans (Guy Charron), est aujourd’hui suivie par tous, quand bien même cela oblige à une révision du PLU (plan local d’urbanisme) comme c’est le cas à Villard, après l’avoir été à Méaudre et ailleurs. Même si l’urbanisme est une compétence des communes, nous travaillons tous à une meilleure harmonie du territoire. »

Quelles sont les compétences supplémentaires que la communauté de communes devrait prendre à votre sens ?

« On travaille sur la compétence jeunesse –petite enfance. Il faut qu’un enfant ait les mêmes services quelle que soit la commune où il habite. C’est une cohérence d’ensemble. La commission menée par Chantal Carlioz (maire de Villard) se penche également sur la compétence culture. On ne peut pas se permettre d’avoir des salles de concert ou de spectacle concurrentes sur le plateau. Il faut de la complémentarité partout. Ainsi, la bibliothèque tête de réseau sera à Lans, pour répartir les services culturels sur l’ensemble du territoire. Par ailleurs, je pense que nous aurons des assises de la culture à l’automne. »

Reste que tout cela a un coût…

« Oui, c’est la difficulté. Nous gardons les mêmes revenus fonciers pour des compétences nouvelles, voilà pourquoi il y a besoin d’un lissage sur plusieurs années pour que tout puisse se mettre en place. L’une des solutions consiste aussi à obtenir des dérogations pour que les communes participent à ce lissage financier. »

Certains disent que la CCMV est dans une situation économique très difficile…

« Non mais il est vrai que nous n’avons pas de marge de manœuvre. »

Était-il dans ce cas, le moment d’investir pour acheter la villa Terrel à Villard, futur lieu d’implantation de la CCMV ?

« Les conditions de travail des salariés ne sont aujourd’hui pas acceptables et, en plus, ils sont éclatés sur plusieurs sites. Pour que les chargés de mission, les salariés, les chefs de service, puissent travailler, il y a besoin d’une unité de lieu. C’était une priorité. Certains disent qu’on pourrait louer ? Je ne vois pas comment la CCMV pourrait investir de l’argent sur un bâtiment, un terrain, qui ne lui appartiendrait pas. Et si je me suis engagé à trouver 50% de subventions pour financer les 1,8M€ ».

Royan Vercors santé, une révolution à l’horizon

C’est une petite révolution que mène la CCMV : permettre le maintien à domicile des personnes âgées grâce à une meilleure organisation des soins. La télévision constituera l’outil central du dispositif. Elle permet de visualiser le dossier du patient via le DSD (dossier informatisé de suivi à domicile) élaboré par l’association des professionnels libéraux de santé du nord Vercors. Un ordinateur de poche permettra aux professionnels de santé intervenant au domicile du patient d’accéder à la plateforme informatique. « Nous sommes en phase de test de ce procédé innovant soutenu par l’Etat, la Région et le Conseil général, dit Pierre Buisson. L’objectif, c’est d’exporter ce modèle. Il est actuellement en phase de test, trois domiciles ont été équipés, quinze le seront ces prochains jours. Et nous voulons que le système soit en place avant fin 2010. »

D’autres applications de ce procédé (service à la personne, commerce…) pourraient être envisagées à l’avenir.

Le Dauphiné Libéré, édition de Grenoble, mardi 1er juin 2010.

lettre epi n°6 site

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Rocade Nord, groupe de travail

Jean-Claude Peyrin, président du groupe d’opposition UMP et apparentés au Conseil général, réagit aux propos d’André Vallini, parus dans notre édition d’hier. « En clair c’est oui à une rocade Nord, mais non au projet du Conseil général. C’est exactement ce que je dis et écris depuis 3 ans, en tous lieux et sur tous supports… Je développe depuis 3 ans globalement les mêmes arguments que ceux développés par le rapport de la Commission d’enquête publique. Mais nul n’est prophète en son pays, la sagesse populaire le sait bien. Alors le président du Conseil général nous dit qu’il est ouvert à toute nouvelle solution. On ne peut que saluer ce bel esprit d’ouverture. Et de balayer 5 options possibles, pour mieux en éliminer 4 d’entre elles. L’option que préfère Mr Vallini est celle qui consiste à abandonner ce projet et à élaborer un nouveau projet. Cela tombe bien, c’est exactement ce que j’ai proposé par presse interposée, le jour où j’ai pris connaissance de l’avis défavorable. Devant cette coïncidence de point de vue, et dans la ligne d’esprit d’ouverture que montre le président de la république Nicolas Sarkozy, ligne confirmée par la nomination récente de Didier Migaud, je propose au président du Conseil général de créer très rapidement un groupe de travail sur ce nouveau projet et de m’en confier la direction. Mon expertise d’élu sur ce dossier en vaut bien d’autres, et je ne serai pas suspect de complaisance politique. »

Le Dauphiné Libéré, édition de Grenoble, jeudi 8 avril 2010.

 Le vote du Budget Prévisionnel 2010 du Conseil Général longtemps attendu arrive enfin. Cela permet de rassurer les bénéficiaires de subventions (communes, intercommunalités, associations, organismes divers) jusqu’à présent très inquiets pour leurs projets et leur fonctionnement annuel.

Tous les départements ont été confrontés à une hausse de leurs dépenses obligatoires d’action sociale dû à l’augmentation du nombre de bénéficiaires du RSA, de l’APA…. Et d’autre part, ils ont subi une baisse de recettes liée à la diminution des transactions immobilières revenant aux taux des années 2002-2003. La solution, pour faire face aux nouvelles dépenses du Conseil Général se décline en 3 points :

-         faire des économies

-         faire des choix dans les politiques à mener

-         recourir à l’emprunt

Faire des économies : le Président du Conseil Général n’a pas été un exemple

en créant un échelon supplémentaire avec les 13 territoires en 2005. Désormais, chaque territoire possède « sa maison ». Le coût global de construction de ces maisons s’élève aujourd’hui à 34 268 792 €. Cependant, notre avis semble avoir été entendu puisque les travaux de ces maisons sont suspendus en attente du futur découpage territorial.

Faire des choix : au-delà des compétences obligatoires, à savoir, les personnes âgées et handicapées, les routes et l’éducation, nous n’aurions pas fait les choix de retarder les grands chantiers de modernisation des collèges, de se désengager du logement social, de repousser les travaux du SYMBHI et de  diminuer cette année encore la subvention au Comité  Départemental du Tourisme

Recourir à l’emprunt : nous aurions proposé un emprunt supérieur à celui soumis par la majorité de gauche qui est de 74,7 M d’€. Car nous pensons que sur un budget de 1 426 M d’€, c’est un endettement plus que raisonnable ! En période normale, avoir un faible endettement, c’est bien. Mais en période de crise ne faut il pas savoir faire bouger les limites ?

10 à 20 M €  d’emprunts supplémentaires, se rajoutant à d’autres choix pour réaliser des économies, auraient permis de ne pas se désengager de secteurs importants et qui ne font pas partie des compétences obligatoires,  mais qui sont néanmoins dignes de ne pas être abandonnés.

On a coutume de dire  que c’est dans le gros temps que l’on reconnaît le marin.

Et force est de constater que, s’agissant du Budget Primitif 2010, le bateau  du Conseil Général aurait pu prendre un meilleur cap.

 

BSaugey DLLe sénateur UMP de l’Isère a été élu hier à la Cour de Justice de la République (CJR) en remplacement de Hubert Haenel (UMP) nommé au Conseil constitutionnel. Les six sénateurs, qui siègent à la CJR, sont élus proportionnellement à leur poids politique. Actuellement il y a deux UMP, deux socialistes et un Union centriste.

 

Le Dauphiné Libéré, édition de Grenoble, mercredi 31 mars 2010

 

BP 26 mars 

Certains diraient « rigoureux », d’autres peut-être « rigoriste » pour qualifier le budget primitif du conseil général de l’Isère. En tout cas, on peut déjà dire qu’il est dans l’air du temps. Et l’air du temps est à la crise et surtout à ses conséquences sociales sur la population iséroise. Dès octobre dernier, l’exécutif départemental avait d’ailleurs prévu et prévenu que, pour élaborer ce budget 2010, il faudrait faire preuve de rigueur. Et de « rigueur » il a donc été question hier…

Un mot qui a d’ailleurs été souvent accolé, du moins par la majorité, à celui de « courage ». Le vice-président Christian Nucci a d’abord rappelé que le conseil général se trouvait aujourd’hui en butte à de drastiques baisses de recettes, à une explosion des besoins en aides sociales (social qui représente plus d’un tiers du budget isérois), à « un désengagement de l’Etat » et à un avenir rendu « incertain » par la future réforme des collectivités. Puis il a évoqué les choix que la majorité avait été contrainte de faire : baisse de certaines enveloppes –à part celles notamment allouées aux personnes âgées, aux personnes handicapées qui restent prioritaires- recentrage sur les compétences obligatoires report de certains projets et emprunt « mesuré ». « Faire un choix, c’est refuser. Mais faire un choix est toujours un acte d’ambition. Le plus important est que nous maintenons nos engagements auprès de nos concitoyens ». a lancé l’élu. Le président André Vallini, brandissant une revue de presse bien fournie, a quant à lui voulu démontrer que le département de l’Isère s’en sortait quand même mieux que les autres. « Alors que la plupart des Départements augmentent leur fiscalité ou aggravent dangereusement leur endettement, nous avons réussi en Isère à éviter ces solutions de facilité sans diminuer nos investissements et nous avons construit un budget que je résume ainsi : non à plus d’impôts et oui à plus de solidarité. » Des arguments qui ont su convaincre largement puisque, pour la première fois, le budget a été adopté avec 43 voix, dont celles remarquées de deux conseillers généraux non-inscrits ».

 Pourquoi l’UMP a voté contre

Le président du groupe UMP-apparentés, Jean-Claude Peyrin, a expliqué pourquoi 9 conseillers ont voté contre le budget : le report des grands chantiers de modernisation des collèges, « le désengagement » du logement social, le report des travaux du Symbhi sur les digues de l’Isère, la diminution de la subvention au Comité du Tourisme « alors que vous maintenez au même niveau les budgets Evènements et Relations publiques qui font votre promotion ». M. Peyrin a aussi fustigé l’emprunt, selon lui pas assez élevé et donc « peu courageux » de 74.7M d’euros.

 Pourquoi les écologistes ont finalement voté pour

Au départ, ils voulaient voter contre le budget cat il aurait dû comprendre les 9 millions pour la rocade Nord… Mais comme l’avais négatif des commissaires enquêteurs a gelé le projet, les 3 conseillers écologistes ont approuvé ce budget, en saluant son caractère « courageux » mais en espérant que soit prochainement revu le report de l’aide au financement du projet Symbhi sur les digues de l’Isère.

 Logement social : un débat agité

L’aide à la pierre, c’est-à-dire à l’aide à la construction de logements sociaux, n’étant pas une compétence obligatoire du conseil général, son enveloppe a cette année –rigueur- oblige- été diminuée. Dans un rapport annoncé sous l’intitulé « Une nouvelle politique de l’habitat », on a appris que le Département ne fiancerait plus les réhabilitations et les logements neufs de type PLUS et PLS, pour ne se consacrer qu’aux PLAI (logements très sociaux). Et ceci, dans un triple souci, celui de faire des économies, de « ne plus se substituer à l’Etat » en charge du logement social et de « concentrer ses efforts » sur les populations les plus précaires. Une justification « très sociale » qui n’a pas convaincu l’opposition de droite.

Michel Savin a déclaré « ne faire que du PLAI c’est mettre en danger la mixité sociale des quartiers ». Jean-Claude Peyrin a, lui, évoqué les difficultés « que rencontreront les bailleurs sociaux avec l’arrêt de ces subventions », mais aussi les incidences sur le programmation des chantiers et « donc de l’emploi dans le bâtiment ». De son côté, Daniel Vitte (non-inscrit) n’a pas mâché ses mots en dénonçant « un mauvais rapport qui aura des conséquences sur la construction de logements sociaux. L’Etat se désengage mais, avec ce rapport, le conseil général fait de même.

Le groupe communiste a lui aussi voulu faire entendre sa voix, puisqu’en plein débat, il a demandé une suspension de séance. Le but : préparer une intervention expliquant pourquoi il voulait s’abstenir sur le rapport, qui « annonce une nouvelle politique de l’habitat, mais qui ne contient pas de financement ni de contours d’actions pour des actions innovantes en matière de logement social ». Une explication que nous a donné en coulisse Guy Rouveyre, car d’intervention en séance il n’y point eu… La cause : le débat a repris avant que les communistes ne reviennent du temps de suspension. Et le vote a eu lieu sans eux… ce qui les a tant énervé qu’ils ont à nouveau quitté la salle du conseil juste avant midi. L’explication de ce petit couac a été donnée plus tard dans l’après-midi : pensant que les élus PCF préféraient ne pas être présents au moment du vote sur le logement social, André Vallini a cru les arranger en reprenant le débat sans eux. Oups !

 

Le Dauphiné Libéré, édition de Grenoble, samedi 27 mars 2010

 

BP 2010

Et si on parlait de la rocade Nord…

La question n’était pas à l’ordre du jour. Mais, trois jours après l’émission d’un avis défavorable par les commissaires enquêteurs sur le projet, il était normal qu’elle s’invite dans le débat. C’est donc, en pleine session sur le budget primitif du conseil général de l’Isère, aux détours du vote sur le chapitre « voirie », qu’elle est arrivée… Et qu’elle est arrivée de façon assez spectaculaire. Coiffant une casquette orange sur laquelle était inscrit un « Oui à la rocade Nord », le conseiller Roger Pellat-Finet a en effet poussé un véritable cri du cœur : « Monsieur le président Vallini, je vous en supplie : n’abandonnez pas le projet ! ». L’élu (Sans étiquette) a ensuite loué « le courage d’André Vallini qui a osé porter le dossier » et fustigé « tous ceux qui ne l’ont pas beaucoup aidé », notamment les écologistes. Voilà pour la première pique qui ne fut pas la dernière, puisque le ton est vite monté.

Après avoir été taxé de « vermillon », l’élu Vert Olivier Bertrand a lancé : « On a tout entendu ces derniers jours : qu’on était des Khmers verts. On a essayé de faire croire qu’il y avait d’un côté les méchantes écologistes contre la rocade et de l’autre les gentilles entreprises contre les bouchons. Mais regardez qui sont les commissaires enquêteurs ! Je ne crois pas qu’ils soient des Khmers verts ! Le rapport est accablant lisez-le ! Il dit que la rocade ne peut pas réduire les bouchons. Et il condamne le principe même du contournement nord ».

Un argument qui a fait bondir le président de groupe de l’opposition de droite, Jean-Claude Peyrin. «La lecture qu’Olivier Bertrand fait du rapport est complètement fausse. Le commissaire enquêteur ne condamne pas le principe de rocade, mais le projet. Il critique tout ce que nous, nous dénonçons depuis trois ans », a t-il lancé en surlignant les problèmes de pollution sur La Tronche et Meylan ou d’insertion urbaine sur la presqu’île grenobloise. « Il serait donc imbécile de ne pas faire d’autres études car, comme le dit la conclusion du rapport, il y a urgence à apporter une solution pour le trafic grenoblois », a ajouté le conseiller UMP avant de prendre la défense de la voiture « indispensable pour les déplacements de la vraie vie. »

Dans la majorité, l’élue Christine Crifo (PS) a ensuite pris la parole pour rappeler que des projets de l’agglomération grenobloise étaient liés à celui de la rocade Nord – tram E, Presqu’île scientifique, Esplanade, projet campus – tandis que José Arias (PCF) a plaidé pour que soit repris le débat « sur ce qui est nécessaire aujourd’hui, et non sur ce qui sera nécessaire dans vingt ans comme nous le propose Olivier Bertrand ». Marc Baïetto (vice président à la politique des Transports) a, lui, déploré « l’effet domino » de cet avis négatif : « Je pense aux emplois qui vont être perdus dans l’agglomération grenobloise, aux entreprises qui comptaient sur ce chantier. Et maintenant qu’est ce qu’on fait ? Comment va t-on déclassifier l’A48 ? Qu’est ce qu’on fait du développement de la Presqu’île ? Quelle réponse fait-on au besoin en logement ? La rocade devait libérer du foncier pour ce besoin en logement ! ». L’élu a ensuite demandé que soit pris « un temps de réflexion » pour donner – ou pas – une suite au projet. Un temps visiblement souhaité par le président André Vallini. Alors y aura-t-il une suite ? Y aura-t-il un jour un autre projet de rocade ? Dans les couloirs de l’assemblée départementale, beaucoup d’élus s’interrogeaient. Tandis qu’un peu plus loin, Olivier Bertrand comptait le nombre d’études ayant été consacrées au projet : « Depuis Carignon, on aura fait cinq études sur la rocade Nord. Imaginez combien cela a coûté… Alors s’ils veulent en faire une sixième… »

 … et des collèges aussi !

 Voilà un autre débat qui aura bien agité l’assemblée départementale : celui de la modernisation des collèges isérois. Le rapporteur André Colomb-Bouvard a expliqué qu’ »en maintenant un niveau d’investissement très élevé, 62.2 millions d’euros, nous affirmons notre détermination à moderniser les collèges, tout en soutenant, dans ces temps de crise l’économie et l’emploi en Isère. » Il a aussi expliqué pourquoi, en raison du pic actuel de l’emprunt, le conseil général était obligé de procéder à des choix prioritaires et à un lissage des investissements, induisant des reports de chantiers dans le temps. Il a ensuite donné la liste des collèges concernés qui n’a pas eu l’heur de plaire à certains conseillers, notamment dans l’opposition. Michel Savin a d’ailleurs essayé de déposer un amendement pour que les travaux sur le collège de la Moulinière à Domène soient inscrits dans le cadre du plan pluriannuel de modernisation de collèges sur l’année 2010, « car cela fait dix ans que les élèves et les professeurs les attendent ». Un amendement qui a été rejeté, mais M. Colomb-Bouvard a assuré que les collèges non inscrits sur la liste mais cités en session, seraient prochainement examinés.

En tout cas, le débat a semblé passablement énerver le vice-président Didier Rambaud qui, après avoir entendu les demandes de certains conseillers pour les collèges de leur canton, a lancé : « vous me saoulez, là ! On a l’impression que vous faites votre marché ».

Le Dauphiné Libéré, édition de Grenoble, 26 mars 2010  

 

Sortie de route pour la Rocade Nord

Coup de tonnerre hier après-midi dans l’agglomération grenobloise : la commission d’enquêtes publique sur le projet de rocade Nord de Grenoble  a rendu un avis défavorable au caractère d’utilité publique du projet. Stupeur, car ni opposants ni partisans ne s’attendaient à un tel avis. Ce serpent de mer de la vie politique locale, qui depuis des années oppose les écolos à presque tout le monde, semble à l’agonie…

Finalement, David a triomphé de Goliath…ou n’est pas loin d’y parvenir. Car même s’il ne faut pas tirer de conclusion hâtive, l’avis défavorable qu’a rendu, hier, la commission d’enquête publique au caractère d’utilité publique du projet de rocade Nord de Grenoble constitue, au mieux (ou au pire, c’est selon…), le coup d’arrêt définitif du projet, et au pire (ou au mieux…) un énorme coup de frein.

Ce projet, qui vise à boucler le contournement routier de Grenoble par le nord (lire en Repères), remonte à plus d’une douzaine d’années. Au départ, seuls les écologistes étaient contre. Puis, au fil du temps, et notamment quand le Conseil général, maître d’ouvrage du projet, a sorti l’artillerie lourde, l’opposition à la rocade s’est épaissie, avec quelques maires de l’agglo plutôt sceptiques et deux farouchement contre, ceux de La Tronche et Saint Martin le Vinoux, les deux communes les plus impactées par le projet. Deux communes où les associations d’habitants se sont énormément mobilisés contre cet « aspirateur à voitures ».

 Mais au moment de l’enquête publique (du 19 octobre au 1er décembre 2009), il n’y avait toujours pas photo sur la position très majoritaire des élus en faveur de la rocade : 55 élus sur 58 au Conseil général, 59 élus sur 68 à la Métro/ communauté d’agglomération, 11 sur 16 au Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération.

Au moment de l’enquête publique, les opposants, avec moult documents et arguments, ont expliqué que la rocade générera plus de pollution, coûtera beaucoup plus cher que les 666 milliosn d’euros annoncés par le Conseil général, sera financée au détriments des transports en commun, et tout ça pour ne pas régler le problème (réel) des bouchons dans l’agglo. Les partisans de la rocade brandissant, évidemment, les arguments contraires.

« On n’osait pas croire à cet avis négatif, car les commissions d’enquête ne rendent de tels avis que dans environ 3% des cas, réagissait hier Olivier Bertrand (Verts), conseiller général et conseiller municipal de Grenoble. Je pense que, dans une logique complètement folle, ils vont continuer le processus. La suite dépend uniquement de Vallini (ndlr : président du Conseil général). Or, autant Destot (ndlr : maire de Grenoble) n’a jamais brillé par ses analyses politiques, autant Vallini est un homme politique intelligent, qui, je crois, saura tirer les bonnes conclusion. »

« Je suis surpris, confiait Marc Baïetto (PS), vice-président du Conseil général chargé des déplacements et tout nouveau président de la Métro. Ce que je sais, c’est que l’arrêt de ce projet peut remettre en cause d’autres éléments qui lui sont liés : le tram sur Meylan, la ligne E du tram (qui ne peut se faire sans déclassement de l’A 48), les projets urbains…Et ceux qui attendaient la rocade Nord pour relancer leur activité, comme le BTP, continueront à être en crise. »

 Et la suite ? « Je n’ai pas la science infuse. Il faut qu’on se analyse tous les aspects de cet avis, et qu’on prenne une décision collective. Mais on n’a pas de plan B sous la main, ajouta M. Baïetto. Je suis plus face à des interrogations que face à es certitudes. Mais ce n’est pas parce qu’il y a une difficulté momentanée qu’on arrête tout. Il faut se remettre au travail dare-dare. »

Quid de la position d’André Vallini qui, dans un communiqué, « prend acte de cet avis » et précise qu’il réunira rapidement le maire de Grenoble et le président de la Métro ? Le président du Conseil général n’a jamais fait preuve d’un enthousiasme délirant pour défendre devant les médias un projet qu’il a toujours soutenu dans l’hémicycle départemental.

Vendredi dernier, à l’occasion de l’inauguration de la Maison des Petites Sœurs de Pauvres à La Tronche, il confiait que la solidarité est une priorité et que « certaines choses, dont la rocade Nord peuvent attendre ». Déjà, en août 2009, il déclarait : « La rocade Nord est un projet sur lequel je me pose des questions tous les jours. »

Gageons que d’ici demain après-midi, où le Conseil général se réunira pour voter son budget primitif 2010 qui prévoit notamment 9 millions d’euros pour la rocade Nord, et où il sera impossible de ne pas évoquer les conséquences de cet avis défavorable, André Vallini aura trouvé la réponse à ses questions.

 Les réactions de Michel Destot et Jean-Claude Peyrin:

Michel Destot, depuis Rio où il participe à un colloque en tant président de l’Association des maires des grandes villes de France, fait savoir qu’il attendra de connaître les raisons avancées par la commission d’enquête pour se prononcer, mais que lui même, bien que favorable au projet, avait aussi soulevé quelques réserves. Dans l’entourage du maire de Grenoble, on estime néanmoins qu’ »a priori, le projet de rocade Nord est mort et enterré ».

Jean-Claude Peyrin, président du groupe UMP au Conseil général, explique : « Les élus UMP sont unanimes à vouloir une rocade. Moi, à titre personnel, je suis pour une  rocade Nord, mais contre ce projet car il ne facilite pas l’accès à la cuvette grenobloise. Mais cet avis défavorable est un événement majeur, il est urgent d’avoir une discussion sur ce refus, et ce dès jeudi, avant même le vote du budget : quelles conséquences, faut-il partir sur un autre projet ? »

 Le Dauphiné Libéré, édition de Grenoble, 24 mars 2010

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Agenda :

  • 27 Jan
    Réunion de la commission permanente et séance publique
    La Commission permanente se réunira en hémicycle à partir de 11h et la séance publique commencera à 14h30


Vos élus :

Bachasson Marcel
Bachasson Marcel
Canton de Roybon
Barbier Jean-Pierre
Barbier Jean-Pierre
Canton de la Côte St André
Buisson Pierre
Buisson Pierre
Canton de Villard-de-Lans
Cardin Gerard
Cardin Gerard
Canton de Corps
Colombier Georges
Colombier Georges
Canton de St Jean de Bournay
Curtaud Patrick
Curtaud Patrick
Canton de Vienne Sud
Dezempte Gerard
Dezempte Gerard
Canton de Pont de Cheruy
Gimel Pierre
Gimel Pierre
Canton de Clelles
Moyne-Bressand Alain
Moyne-Bressand Alain
Canton de Crémieu
Peyrin Jean-Claude
Peyrin Jean-Claude
Canton de Meylan
Rival Christian
Rival Christian
Canton de Morestel
Saugey Bernard
Saugey Bernard
Canton de Heyrieux
Savin Michel
Savin Michel
Canton de Domène

À votre écoute

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Tél. : 04 76 00 37 47
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Fax : 04 76 00 39 40
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