PBuisson

Selon Pierre Buisson, président de la CCMV et maire de Méaudre, « les élus du plateau ont pris conscience qu’il fallait travailler sur l’intercommunalité pour être plus efficace, cohérent et respecter le contribuable ». La CCMV emménagera prochainement dans les locaux villardiens de la villa Terrel qu’elle vient d’acquérir.

Alors qu’un conseil communautaire se tenait hier à Lans en Vercors (compte-rendu dans notre édition de demain), le président de la communauté de communes du massif du Vercors (CCMV) fait le point.

Les élus sont-ils aujourd’hui conscients de l’importance du territoire en tant qu’unité ?

« Oui, désormais, tout le monde en a conscience. On ne peut plus se désintéresser de la commune voisine, nos destins sont liés. D’ailleurs, la charte de développement sur laquelle nous avons travaillé durant le premier mandat, notamment l’ancien maire de Lans (Guy Charron), est aujourd’hui suivie par tous, quand bien même cela oblige à une révision du PLU (plan local d’urbanisme) comme c’est le cas à Villard, après l’avoir été à Méaudre et ailleurs. Même si l’urbanisme est une compétence des communes, nous travaillons tous à une meilleure harmonie du territoire. »

Quelles sont les compétences supplémentaires que la communauté de communes devrait prendre à votre sens ?

« On travaille sur la compétence jeunesse –petite enfance. Il faut qu’un enfant ait les mêmes services quelle que soit la commune où il habite. C’est une cohérence d’ensemble. La commission menée par Chantal Carlioz (maire de Villard) se penche également sur la compétence culture. On ne peut pas se permettre d’avoir des salles de concert ou de spectacle concurrentes sur le plateau. Il faut de la complémentarité partout. Ainsi, la bibliothèque tête de réseau sera à Lans, pour répartir les services culturels sur l’ensemble du territoire. Par ailleurs, je pense que nous aurons des assises de la culture à l’automne. »

Reste que tout cela a un coût…

« Oui, c’est la difficulté. Nous gardons les mêmes revenus fonciers pour des compétences nouvelles, voilà pourquoi il y a besoin d’un lissage sur plusieurs années pour que tout puisse se mettre en place. L’une des solutions consiste aussi à obtenir des dérogations pour que les communes participent à ce lissage financier. »

Certains disent que la CCMV est dans une situation économique très difficile…

« Non mais il est vrai que nous n’avons pas de marge de manœuvre. »

Était-il dans ce cas, le moment d’investir pour acheter la villa Terrel à Villard, futur lieu d’implantation de la CCMV ?

« Les conditions de travail des salariés ne sont aujourd’hui pas acceptables et, en plus, ils sont éclatés sur plusieurs sites. Pour que les chargés de mission, les salariés, les chefs de service, puissent travailler, il y a besoin d’une unité de lieu. C’était une priorité. Certains disent qu’on pourrait louer ? Je ne vois pas comment la CCMV pourrait investir de l’argent sur un bâtiment, un terrain, qui ne lui appartiendrait pas. Et si je me suis engagé à trouver 50% de subventions pour financer les 1,8M€ ».

Royan Vercors santé, une révolution à l’horizon

C’est une petite révolution que mène la CCMV : permettre le maintien à domicile des personnes âgées grâce à une meilleure organisation des soins. La télévision constituera l’outil central du dispositif. Elle permet de visualiser le dossier du patient via le DSD (dossier informatisé de suivi à domicile) élaboré par l’association des professionnels libéraux de santé du nord Vercors. Un ordinateur de poche permettra aux professionnels de santé intervenant au domicile du patient d’accéder à la plateforme informatique. « Nous sommes en phase de test de ce procédé innovant soutenu par l’Etat, la Région et le Conseil général, dit Pierre Buisson. L’objectif, c’est d’exporter ce modèle. Il est actuellement en phase de test, trois domiciles ont été équipés, quinze le seront ces prochains jours. Et nous voulons que le système soit en place avant fin 2010. »

D’autres applications de ce procédé (service à la personne, commerce…) pourraient être envisagées à l’avenir.

Le Dauphiné Libéré, édition de Grenoble, mardi 1er juin 2010.