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Depuis quatre ans on le sait, il suffit de dire « rocade Nord » dans une assemblée pour déclencher des conversations animées et de grande déclarations. Et hier, lors de la seconde partie de la session de juin du Conseil général de l’Isère, cela n’a pas manqué. Imaginez un débat sur une seule délibération qui dure une matinée ! La délibération en question concernait les suites à donner à l’avis négatif émis par les commissaires enquêteurs sur le projet de contournement routier porté par le Département. Une délibération assez consensuelle – et très ouverte – qui a néanmoins su délier les langues hier.
Rendez-vous en septembre prochain avec les citoyens
Le premier a attaquer a été Jean-Claude Peyrin, du groupe UMP, qui a ironisé sur la forme et le fond du texte : « Il ,’est plus question de nouveau projet de rocade, mais de nouvelles études et d’un débat citoyen. On a vraiment l’impression que le mot rocade ne peut plus être prononcé pour ne pas choquer les oreilles sensibles, notamment celle des Verts. » Son collègue Michel Savin a déclaré voir en cette délibération « un aveu d’impuissance collective à résoudre le problème de circulation et un mauvais signal à envoyer à la population qui souffre chaque jour dans les bouchons ».
Les communistes ont voulu eux, déplacer le débat sur le thème de la solidarité avec les habitants du sud de l’agglomération grenobloise, allusion au fait qu’une rocade Nord aurait pu, à leurs yeux , délester la rocade Sud d’une partie de son trafic : « Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est qu’on pourrait se satisfaire d’une seule concentration routière sur la rocade Sud et l’A480 », a dit José Arias. Son voisin Guy Rouveyre, lui, a emboîté le pas, en taxant au passage la délibération de « light », et en déclarant : « J’en appelle à la solidarité des territoires. »
Marc Baïetto, vice-président (PS) qui a longtemps porté le projet quand il avait la charge des Transports au Conseil général, s’est quant à lui tourné vers la droite pour fustiger un soutien trop tardif à son goût au principe de rocade : « Quand il a fallu agir et défendre le projet, on n’a vu personne, alors que les opposants étaient de leurs côté bien organisés. » Il a aussi mis en garde tous ceux qui laisseraient entendre que « d’un côté il y aurait une rocade qui coûterait et (et de l’autre) des transports en commun qui ne coûteraient rien ».
A la fin des trois heures de débat, le président du Conseil général, André Vallini, a expliqué le contenu de sa délibération et a appelé à une union des votes. « Entre ceux qui souhaitaient qu’on abandonne définitivement tout projet de rocade et ceux qui souhaitaient qu’on reparte tête baissée sur un projet à peine modifié, j’ai rédigé un rapport qui laisse ouvert tout le champ des possibles et qui permet de remettre à plat ce dossier ».
Son appel a été largement entendu, à part par l’UMP. Et un rendez-vous a été fixé en septembre, pour tout remettre à plat justement, lors d’une sorte de grand concile de citoyens qui apporteront de nouvelles idées.
Un concile où devrait donc se décider le prochain épisode à donner à ce dossier, que l’on appellera peut-être plus jamais « rocade Nord ».
Le Dauphiné Libéré, édition de Grenoble, samedi 19 juin 2010.





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