On le sait, la quête de la vitesse est ancestrale. Les hommes ont toujours cherché à se déplacer le plus vite possible, le but étant d’abolir les distances et d’accéder au voyage instantané. Cette quête a été exacerbée par le besoin de vivre à 200 à l’heure : « lire en diagonale », « faire une formation accélérée », « manger un potage ou un café instantanés » .. sont autant d’expression de notre langage courant.
Pour accéder à ces gains de temps, on a pu agir sur :
- les infrastructures : autoroutes, rocades, lignes TGV ..
- les véhicules, toujours plus performants
- les fonctionnements : chercher la fluidification en améliorant le débit : (ex en ville, feux tricolores coordonnés)
De ce fait, la vitesse a eu des conséquences sur nos lieux d’habitation. Elle a permis d’étirer toujours plus la distance domicile-travail.
- tout d’abord au sein des villes, qui se sont développées en « doigts de gants », le long des axes de circulation des transports en commun ou des lignes de chemin de fer.
- Puis avec la voiture, la dilution urbaine est de plus grande ampleur, plus diluée et moins concentrée.
Cependant, on voudrait nous faire croire aujourd’hui que l’étalement urbain est uniquement dû à la vitesse ! C’est faux, il est une réponse aux contraintes d’accès au sol (la pression foncière).
La lutte contre l’étalement urbain a trouvé dans le développement durable une nouvelle source de justification (consommation énergétique élevée, forte pollution atmosphérique, coûts élevés des infrastructures pour la collectivité).
Une autre justification est la disparition de l’espace public, l’affaiblissement des interactions sociales .. Aujourd’hui on veut nous faire croire que la culture doit être source de lien social, pourquoi pas dans ce cas les transports ?
Si on ajoute à cela l’argument du coût des ressources naturelles énergétiques, on peut donner raison à la théorie de la redensification urbaine, qui :
- permet de diminuer la dépendance vis à vis de la mobilité
- permet de structurer la couronne périurbaine autour des axes de transport.
Cela ne tient que si on fait rentrer dans le jeu le problème de la pression foncière.
Cependant, doit-on pour autant redevenir les chantres de la densification urbaine, de l’uniformité ?
Rendre la campagne à la campagne et la ville aux citoyens, n’est-ce pas uniquement déplacer le problème ? car si la campagne devient le territoire des loisirs, on risque de tous vouloir profiter de ce territoire en même temps (période de vacances ou RTT)
Comment faire vivre nos campagnes, qui, si elles deviennent des musées, n’auront plus de vie économique ?